La Rome antique est à la fois la ville et l’État qu’elle fonde dans l’Antiquité. Ce regroupement de villages au viiie siècle av. J.-C. parvint à dominer l’ensemble du monde méditerranéen et de l’Europe de l’Ouest du ier au ve siècle par la conquête militaire et par l’assimilation des élites locales. Sa domination a laissé d’importantes traces archéologiques et de nombreux témoignages littéraires. Elle façonne encore aujourd’hui l’image de la civilisation occidentale. Durant ces siècles, la civilisation romaine passe d’une royauté à une république oligarchique puis à un empire autocratique.

La religion ou les religions des Romains est l’ensemble des pratiques et croyances religieuses que les Romains considéraient comme proprement romaines (on peut alors parler de Religion romaine), ainsi que les nombreux cultes importés ou pratiquées par les populations faisant partie de l’Empire romain. En latin, le mot religio ne signifie pas Religion mais plutôt obligation rituelle et s’emploie souvent au pluriel. Il faut garder cette nuance à l’esprit pour éviter les confusions terminologiques.

Les Romains se considéraient eux-mêmes comme profondément religieux, et ils attribuaient le succès de leur empire à leur piété collective (pietas) qui permettait de conserver de bonnes relations avec les dieux. D’après l’histoire légendaire des premiers siècles de Rome, la plupart des institutions et des rites religieux remontent aux premiers fondateurs, particulièrement Numa Pompilius, le second roi. Peu à peu, le droit romain se sépare de la religion.

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Fêtes et Rites de la Rome Antique

Fêtes du mois

Zones culturelles de la Rome antique

La caractéristique principale essentielle des pratiques religieuses romaines est l’orthopraxie soit un culte fondé sur la bonne exécution des rites et non sur une foi ou une croyance en un dogme.

Les Romains ont néanmoins des croyances, à commencer par l’efficacité de leurs rites adressés à de nombreuses puissances divines, c’est-à-dire surhumaines, les divinités. Ces divinités ont des champs d’actions qui peuvent être liés à un lieu ou à une fonction.

Elles peuvent avoir une « puissance topique » (liée à un lieu) comme Jupiter Capitolin (de la colline du Capitole) ou Zeus Olympien (Olympie en Grèce). Mais ils peuvent avoir également une spécialité dite « fonctionnelle », comme Mars qui est le « dieu de la Guerre » (combat aussi bien militaire que pour les récoltes contre les insectes).

La religion romaine se distingue des autres religions indo-européennes par l’absence quasi totale de mythes religieux mettant en scène leurs dieux. De ce fait, les dieux romains présentent un visage à bien des égards étrange : d’un côté l’attention se focalise sur leur puissance d’action (numen) et leur intervention dans l’histoire, car ils ne possèdent pas de « sur-histoire » métaphysique ; de l’autre, comme conséquence, ils ne sont que de pâles figures mal personnalisées. Ils sont d’abord des puissances. Et les Romains, faute de mythes propres, adopteront ensuite les mythes grecs.

Le mythe fondateur est celui de Romulus et Remus, deux frères abandonnés sur les bords du Tibre et miraculeusement allaités par une louve. Romulus, fort du présage extraordinaire des dieux constitué par douze vautours, traça les contours de la ville sur le Palatin et tua son frère après que celui-ci eut franchi le sillon d’un air moqueur. Aussi Rome devint pour les Romains non seulement un espace d’habitation mais aussi un sol consacré.

D’après Tite-Live, c’est après le règne de Romulus que Numa Pompilius, second roi de Rome, institua les pratiques religieuses officielles. Après la mort de Romulus, il transféra une partie du pouvoir religieux du roi, alors à la fois guerrier, législateur et prêtre, vers des collèges sacerdotaux, sélectionnés parmi les Pères, personnages constituant la noblesse choisie par Romulus. Il fonda le temple de Janus, étendit les collèges des flamines, à Mars et à Quirinus, et créa l’ordre des Saliens. Il nomma un grand pontife, chef religieux responsable de la bonne exécution des rites.